L’âge d’or des manifestes
littéraires, qu’on peut situer entre la fin du XIXe et le début du
XXe siècle, est révolu. Les inquiétudes de la fin du XIXe
siècle, la multiplication des débats entre les différents groupes et écoles,
avaient fait du manifeste la forme privilégiée pour l’affirmation des tendances
nouvelles et pour toute prise de position publique.
Dans la seconde moitié du XXe
siècle, les manifestes changent de forme et de fonction. Ils sont moins
péremptoires et ils prennent plutôt l’allure d’«antimanifestes»
(J. Demers et L. Mc Murray, 1986). L’exemple majeur reste celui
de l’Oulipo (1973): moins dogmatique – jeu intellectuel plus que
tentative d’affirmation contestataire sur la scène culturelle –, il semble
indiquer la remise en cause, sinon le déclin, du genre. Le fait que les études
critiques sur le manifeste (théoriques et analytiques) deviennent très rares,
presque inexistantes, après les années 1980, semble confirmer ce déclin.
Et pourtant, au cours des toutes dernières années, on a assisté à l’émergence
d’écrits qu’on peut, de quelque manière, reconduire au genre «manifestaire». Parmi ceux-ci,
l’article Pour une littérature-monde (Le monde, 16 mars 2007),
devenu un volume par la suite, signé par 44 écrivains francophones (Paris,
Gallimard, 2007) et les déclarations programmatiques du Collectif «Qui
fait la France?» (www.quifaitlafrance.com), qui réunit différents jeunes citoyens français issus de
l’immigration. Dans les deux cas, des voix provenant de ce qu’on avait
l’habitude de considérer comme les «périphéries» du champ
littéraire français invoquent une révision des règles d’accès au champ
littéraire lui-même.
Il est par conséquent licite de se demander si, primo, le nouveau tournant du siècle a recréé les conditions pour une réviviscence du Manifeste littéraire et, secundo, si et de quelle manière les caractéristiques du genre (techniques, esthétiques, stratégiques) ont changé.
Bibliographie
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et manifestes du 19e siècle par un groupe d'universitaires et de
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Demers J. et
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