Colloque International

Les manifestes littéraires au tournant du XXIe siècle

17-18 septembre 2009

 

 

L’âge d’or des manifestes littéraires, qu’on peut situer entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, est révolu. Les inquiétudes de la fin du XIXe siècle, la multiplication des débats entre les différents groupes et écoles, avaient fait du manifeste la forme privilégiée pour l’affirmation des tendances nouvelles et pour toute prise de position publique.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, les manifestes changent de forme et de fonction. Ils sont moins péremptoires et ils prennent plutôt l’allure d’«antimanifestes» (J. Demers et L. Mc Murray, 1986). L’exemple majeur reste celui de l’Oulipo (1973): moins dogmatique – jeu intellectuel plus que tentative d’affirmation contestataire sur la scène culturelle –, il semble indiquer la remise en cause, sinon le déclin, du genre. Le fait que les études critiques sur le manifeste (théoriques et analytiques) deviennent très rares, presque inexistantes, après les années 1980, semble confirmer ce déclin.

Et pourtant, au cours des toutes dernières années, on a assisté à l’émergence d’écrits qu’on peut, de quelque manière, reconduire au genre «manifestaire». Parmi ceux-ci, l’article Pour une littérature-monde (Le monde, 16 mars 2007), devenu un volume par la suite, signé par 44 écrivains francophones (Paris, Gallimard, 2007) et les déclarations programmatiques du Collectif «Qui fait la France?» (www.quifaitlafrance.com), qui réunit différents jeunes citoyens français issus de l’immigration. Dans les deux cas, des voix provenant de ce qu’on avait l’habitude de considérer comme les «périphéries» du champ littéraire français invoquent une révision des règles d’accès au champ littéraire lui-même.

Il est par conséquent licite de se demander si, primo, le nouveau tournant du siècle a recréé les conditions pour une réviviscence du Manifeste littéraire et, secundo, si et de quelle manière les caractéristiques du genre (techniques, esthétiques, stratégiques) ont changé.

 

Bibliographie

 

Aziza C. [et al.], Thèmes et manifestes du 19e siècle par un groupe d'universitaires et de professeurs de l'enseignement secondaire (1 vol. du 19e siècle), Paris, Bordas, 1976

Burger Marcel, Les manifestes: paroles de combat. De Marx à Breton, Paris, Delachaux et Niestlé, 2002

Chouinard D., «Sur la préhistoire du manifeste littéraire (1500-1828)», Études françaises, n. 3-4, 1980, p. 21-29

Demers J. et Mc Murray L. , L’enjeu du manifeste/Le manifeste en jeu, Montréal, Le Préambule, 1986

Espagnon J. & Le Bret P., Manifestes littéraires et artistiques: de 1800 à aujourd'hui, Paris, J. Espagnon & P. Le Bret, «Catalogue», 1994

Latouche D., avec la collaboration de Diane Poliquin-Bourassa (textes recueillis et commentes par), Le manuel de la parole: manifestes québécois, Sillery, Québec, 3 voll.

Littérature, n. 39, 1980

Mitchell B., Les Manifestes littéraires de la Belle Époque, 1886-1914, Anthologie critique, Paris, Seghers, 1966

Perron A., «Manifeste», in Paul Aron, Denis Saint-Jacques e Alain Viala (dir.), Le Dictionnaire du Littéraire, Paris, PUF, 2002, p. 348-349 

Sirinelli F., Intellectuels et passions françaises: manifestes et pétitions au 20 siècle, Paris, Fayard, 1990

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 Les intervenants

Paul Aron Anna Boschetti Elisa Bricco
Alessandro Corio Maria Chiara Gnocchi Jean-François Plamondon
Qui fait la France? Paolo Tamassia Ilaria Vitali