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Primavera
2010
Exilées,
expatriées, nomades...
Alessandro Corio et Ilaria
Vitali (dir.)
Indice
Alessandro
Corio, Ilaria Vitali, Ecrire l'errance au féminin
(testo disponibile on-line alla
sezione download)
Saggi e
studi
Veronic
Algeri,
De la
langue de l'autre à l'autre langue: l'écriture polyphonique d'Assia Djebar
dans La Disparition de la langue française
Résumé
Après
son Indépendance, l’Algérie s’engage dans une politique d’arabisation.
À partir de 1978, l’interdiction de la langue française se radicalise, se répercutant
sur la vie de nombreux intellectuels algériens. Assia Djebar, qui enseigne
alors à l’Université, part s’installer en France comme «réfugiée
linguistique». C’est le thème du roman La
Disparition de la langue française (2003) dont l’auteur fait part à son
lecteur, comme le protagoniste, un Algérien de retour à sa casbah après 30
ans d’exil en France, à son amoureuse. Les lieux de l’enfance étant désormais
aphasiques, l’écriture littéraire devient le seul endroit où peut s’écrire
l’histoire d’une conscience exilée. Au prisme de la notion de «polyphonie»,
inspirée des études de Julia Kristeva, l’analyse de ce roman montre que l’histoire
de soi, qui tangue entre plusieurs langues, aux aléas de l’histoire
postcoloniale, s’écrit dans une autre langue, langue de l’écriture littéraire
et langue de l’Autre.
Julie
Assier, Les
migrances du moi: Calomnies de Linda Lê
Résumé
Dans le roman Calomnies,
deux voix narratives se font écho dans l’expression de l’étrangeté et du
dédoublement que suscite l’expérience de l’exil. Déterritorialisés,
esseulés, condamnés à l’oubli, les personnages de Lê s’efforcent de renaître
dans une langue et une culture autres. Mais sous le masque de la fiction, l’écrivaine
s’ingénie à réécrire voire réinventer sa propre expérience. L’enjeu de
ce roman réside ainsi dans le dépassement, la transfiguration, la
transmutation de sa propre histoire pour atteindre l’universel.
Rachele
Branchini, Les
jumeaux d'Agota Kristof ou les masques ironiques du déracinement
Résumé
En relisant La Trilogie des Jumeaux d’après les manuscrits confiés
par Agota Kristof aux Archives Littéraires Suisses de Berne, l’article se
propose de montrer le lien existant entre l’expérience du déracinement vécu
par l’auteure et le choix du thème de la gémellité.
Mbaye
Diouf, Ecriture
de l'immigration et traversée des discours dans Le Ventre de l'Atlantique de
Fatou Diome
Résumé
S’arrachant
de la camisole de force féministe, la littérature féminine
africaine interpelle, désormais, l’Africain(e) en sujet. À l’instar de
Fatou Diome, la jeune génération de romancières africaines plonge son
discours littéraire dans les méandres et les soubresauts d’une Afrique en
peine d’espoir et de perspectives. Un
roman comme Le Ventre de l’Atlantique
invente de nouvelles modalités d’un dire textuel qui aborde le sujet de l’immigration
en réexaminant le rapport «misère africaine»/«eldorado occidental». Ce
nouveau dire textuel inscrit la référence du «chez soi» dans une circularité
parodique et idéologique, suggérant par là que le drame de l’immigration se
pense, se rêve et se vit aussi bien en Occident qu’en Afrique. Pour tracer
une axiologie de l’immigration, le Ventre
de l’Atlantique déstructure littéralement le modèle sportif occidental en
(re)territorialisant le lieu onirique dans
un nouvel espace langagier et ludique africain.
Emilie
Guillerez,
Doubles, dualité et effets miroir dans l'oeuvre de Shan Sa
Résumé
Shan Sa, romancière née en
Chine en 1972, a choisi par conviction politique de «renaître» en France après
les événements de Tian An Men. Chinoise de sang, française d’adoption et
japonaise de cœur, l’écrivain a donné naissance à une œuvre sous-tendue
par la multiplicité des cultures. Dans les trois romans dont il est question
ici, Les quatre vies du saule (1999), La
joueuse de go (2001) et Les
Conspirateurs (2005) Shan Sa explore des thématiques récurrentes,
notamment l’exil, la confrontation avec l’altérité et la quête d’identité.
Ces thématiques sont mises en exergue par des procédés littéraires constants:
figures de doubles, dualité et effets miroir forment en effet le substrat de
cette littérature en équilibre entre Extrême-Orient et Occident.
Christa
Jones, Alger - Paris: l'écriture de la vie face à la mort dans Le
Premier jour d'éternité et Paris plus loin que la France de Ghania
Hammadou
Résumé
Cet
article examine les enjeux de l’écriture de l’exil dans Le premier jour
d’éternité et Paris plus loin que la France,
romans activistes de Ghania Hammadou, journaliste et romancière algérienne.
Chez Hammadou, le non-lieu de l’exil se traduit par une écriture mouvante,
qui se situe à mi-chemin entre le genre journalistique et romanesque, ainsi
qu’entre deux pays, l’Algérie et la France. Ses romans qui s’inscrivent
dans le courant de l’écriture d’urgence, d’apaisement et de survie, véhiculent
une pensée angoissée, dans la mesure où ils reflètent son parcours de
journaliste et sa responsabilité de rendre compte de la réalité algérienne
des années 1990, ainsi que de la réalité villageoise. Alors que l’écriture
d’urgence ancrée dans le souvenir d’une immédiateté extrêmement violente
et angoissante reflète l’urgence de vivre d’Aziz qui refuse de se laisser
prendre dans le piège de la peur, l’écriture dans Paris
plus loin que la France est plus mesurée, plus sereine.
Samia
Kassab-Charfi,
«Pays en désordre» et
archipels intimes: Colette Fellous et la transterritorialisation
Résumé
Écrivaine juive tunisienne,
Colette Fellous expérimente la migration par un tressage géo-scriptural de
lieux séparés, mais qui tremblent, s’aimantent, fondant une géographie archipélique
(Glissant) où les villes continentales deviennent de petites îles reliées par
le fil de la mémoire. La figure de l’Anti-Atlas pointe alors le refus de
porter le poids des tracés cartographiques conventionnels et signale la déterritorialisation
topique par une poïétique tour à tour cumulative et défaisante, frappée du syndrome de Pénélope, dont le mouvement
alternatif dit la difficulté de conjoindre l’acceptation du legs
communautaire et la soif de s’en libérer. Dystopique, sa phrase détrace l’origine,
s’en désamarre. Par son hyperlaxité, cette phrase porte en elle les traces
de l’élasticité migratoire, devenant ce serpentin mélodique qui, en
construisant le dédale du texte,
ouvre au labyrinthe de la mémoire.
Vassiliki
Lalagianni, Exil, autobiographie et mémoire
chez l'écrivaine grecque Mimika Kranaki
Résumé
Mimika
Kranaki, écrivaine bien connue de la Diaspora hellénique, constitue un cas
particulièrement significatif d’une littérature d’immigration fondée sur
une situation d’exil et sur la construction identitaire qui vit, pense et écrit
dans ce que Nancy Huston appelle «l’entre-deux». Pour Kranaki qui éprouve
d’une façon douloureuse sa propre étrangeté, la littérature de l’exil se
veut une «littérature de désappartenance».
Incarnation d’une identité déterritorialisée, Mimika Kranaki, dans un
effort pour transformer la souffrance de l’exil en créativité, s’enracine
dans l’écriture. À travers les pages du roman Contre-Temps
(1947), du texte autobiographique Mataroa
à deux voix. Journal d’exil (1950) et du roman autobiographique Philhellènes.
Vingt-quatre lettres d’une Odyssée (1992), Kranaki essaie de construire
sa propre identité avec les éléments de son passé. Pour elle, le véritable exil est toujours
intérieur.
Daniel
S. Larangé, Du pays d'où l'on part
au pays où l'on vient... Calixthe Beyala, expatriation et quête
d'identité
Résumé
L’écriture offre à Calixthe
Beyala la possibilité de régénérer son identité. Alors que l’Afrique
l’a fait naître comme un «être de parole», la France lui a reconnu une
identité littéraire. L’écrivaine-griot a pu ainsi se construire au fil de
ses romans et de son activité associative une image de personnage médiatique
en adoptant la cause des «sans noms». Son combat littéraire
souffre d’un paradoxe assumé et dépassé: son écriture recourt aux procédés
les plus communs à la vox populi comme le plagiat et le cliché tout en versant dans le
registre populaire afin de dénoncer les dangers d’une mondialisation qui
formate l’humanité égoïste par la valorisation d’une culture consumériste
et hédoniste.
Elena-Brandusa
Steiciuc, La Roumanie des années staliniennes dans les écrits de deux «voix
de l'exil»:
Rodica Iulian et Oana Orlea
Résumé
Le
présent article se propose d’aborder les romans de deux auteures de la
diaspora roumaine, exilées en France au début des années 80: Rodica Iulian et
Oana Orlea. Des titres comme Les hommes de Pavlov de la première et le roman témoignage Les
Années volées, ou bien Un sosie en
cavale de la seconde, abordent la thématique de la dictature et du régime
concentrationnaire instaurés en Roumanie pendant les années staliniennes, au
tout début du totalitarisme dans leur pays natal.
Ilaria
Vitali, (Horti)culture
de l'exil: errances
linguistiques et jardinages littéraires chez Vénus Khoury-Ghata
Résumé
Née au Liban en 1937, à Paris depuis 1972, Vénus
Khoury-Ghata a su exploiter son «exil» comme un laboratoire scripturaire. Dans
Orties, sorte d’«herbier» en forme
de poème, elle fait pousser sur ses pages un Liban de pierres et de chiendent,
qui se lie sans couture visible non seulement à une histoire familiale complexe
et tourmentée, mais aussi à l’expérience de la guerre civile, des
migrations et des exodes de masse. Le voyage aller/retour Paris-Beyrouth se fait,
sur le papier, par un flux de conscience qui monte et démonte les fragments
autobiographiques, ainsi que par des réflexions métatextuelles qui multiplient
les prises de vue. Dans Orties
revivent toutes les langues de l’écrivaine: l’arabe «houleux» du père,
le «franbanais» de la mère, l’araméen «caillouteux» des réfugiés, puis
le langage intime entre les frères enfants, «tintant telles billes de verre».
Un jeu frappant de regards croisés, qui se fait par la réflexion langagière
et métatextuelle, sonde l’espace de l’exil entre souvenirs «urticants» et
délivrance de l’écriture.
Inediti
Agota
Kristof, Manuscrits du Grand Cahier
Maria
Maïlat, Lettre aux membres du jury du Prix
Aristote
Retour au pays de
la révolution oubliée
Recensioni
A.
Fidecaro, H. Partzsch, S. Van Dick, V. Cossy (dir.), Femmes écrivains à la
croisée des langues / Women writers at the Crossroads of Languages (1700/2000)
(L. Pattano)
C.
Boustani, Oralité et gestualité. La différence homme/femme dans le roman
francophone (D. Catenaro Catenaro)
J.
Ceccon, M. Lynch (dir.), Latitudes. Espaces transnationaux et imaginaires
nomades en Europe (V. Amadessi)
A.
Laserre, A. Simon (dir.), Nomadismes des romancières contemporaines de
langue française (I. Vitali)
M.
Fernandes, Les écrivaines francophones en liberté. Farida Belghoul, Maryse
Condé, Assia Djebar, Calixthe Beyala (A. Corio)
M.
Bey, Pierre, Sang, Papier ou Cendre (C. Imbroscio)
Pubblicato
con contributi dell'Università di Bologna, del Dipartimento di Lingue e
Letterature Straniere Moderne e della SSSUB
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